La vente d'alcool du Québec et l'OMC

Depuis les années 90, pour obéir aux normes de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), les monopoles qui vendent de l'alcool à travers le monde n’ont plus le droit de favoriser les produits régionaux en prenant des marges de profit plus basse sur ces produits vs les produits importés. La SAQ au Québec doit donc se conformer à cette règle. Donc, si la SAQ vend à 15$ un vin importé qui lui en coûte 6$, elle devra également vendre à 15$ un vin québécois qui lui en coûte 6$.



Cependant, puisque les volumes des producteurs d'ici sont plus faibles, les prix de production d'un vin local sont généralement plus élevés qu'un vin de Bourgogne d'un grand producteur par exemple. La règle de l'OMC a donc pour conséquence de rendre trop dispendieux les vins locaux vendus à la SAQ. Le problème est beaucoup moins criant en Ontario car la plupart des producteurs sont des producteurs industriels et non artisanaux comme ceux du Québec, grâce à un climat plus agréable sur les bords du lac Ontario entre autre. Cela leur permet d’avoir des coûts de production plus bas et de mieux se battre contre les vins importés.



Pour favoriser la vente des produits locaux sur les étagères de la SAQ, le gouvernement Marois a contourné les règles en subventionnant les producteurs locaux de façon à ce que leurs produits soient vendus moins chers à la SAQ. À titre d’exemple, si le gouvernement donne une subvention de 2$ la bouteille à un producteur local, ce dernier pourra alors vendre 4$ à la SAQ un vin dont le prix habituel est de 6$. Le prix de détail de la SAQ sera alors basé sur un prix coûtant de 4$ et non plus sur un prix coûtant de 6$. La différence au détail est énorme et permet aux vins locaux de mieux compétitionner les vins importés.



Merci à Gaétan Frigon ancien président-directeur général de la Société des alcools du Québec, qui nous a fait parvenir certains de ces éléments. Il les reprend d'ailleurs dans une lettre publiée dans la Presse en 2011.

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