Bientôt des fermes d'un nouveau genre au Québec ?

Le rapport Pronovost (issu de la Commission sur l'Avenir de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire au Québec) amène des réflexions intéressantes dans la production de produits à haute valeur ajoutée. Il est illusoire de penser que le Québec peut concurrencer sur le marché mondial les produits agricoles les plus communs. L'avenir de l'agriculture au Québec passe aussi, selon moi, par les marchés de niche.
Dans un billet précédent, j'évoquais la problématique de la production de la canneberge, ou il est encore difficile de trouver des produits transformés par des transformateurs à taille humaine, pour le marché de niche des produits gastronomique. Imagiterre l'a bien compris et s'est spécialisé dans la chicoutai il y a quelques années, un produit nordique et peu connu. Le Devoir du 12 mars revient d'ailleurs sur cette nécessité de se spécialiser pour notre agriculture. On y retrouve les points que je défends fermement plus haut :
«C'est impossible, souligne M. Girouard, de lutter contre les agricultures des pays émergents dans la production de masse, comme le poulet ou les oeufs par exemple. On peut, au contraire, diversifier notre agriculture, la spécifier. On se mettrait à l'abri des règles commerciales mondiales, on permettrait un développement régional et on stimulerait les produits de niche, ce qui permettrait à notre agriculture de survivre.»

Autre piste intéressante envisagée par les auteurs du rapport, la question du développement de produits «à valeur ajoutée» est chère à l'organisme Solidarité rurale du Québec. Son président, Jacques Proulx, reprend d'ailleurs à son compte l'exemple donné par M. Pronovost: le sirop d'érable. Le Québec, qui domine haut la main les exportations du précieux liquide sucré dans le monde, gagnerait selon lui à en faire un produit doté d'une certaine image de marque, à l'instar de ce qui se fait pour l'huile d'olive dans d'autres pays.
Cette valeur ajoutée sur certaines de nos productions pourrait être renforcée encore par des labels ou appelations d'origine, qui peinent toujours à faire leur entrée au Québec !


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