Mémoire pour la Commission de l'Avenir de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire au Québec

Je viens d'envoyer un petit mémoire de 2 pages sur ma vision de l'agroalimentaire au Québec. Je vais retranscrire dans les prochains billets les éléments que j'ai essayé d'apporter.
TerroirsQuébec, un site Internet transactionnel, ouvre le monde aux produits des terroirs de chez nous. En le visitant, le consommateur trouvera de tout pour tous les goûts et pour toutes les bourses : des produits très abordables de 2,70 $ à 79,90 $ l’unité.
En tout, on y retrouve actuellement plus de 75 produits, des plus courants aux plus audacieux. Pour les plus traditionnels, il y a, entre autres, les produits d’érable, du vinaigre de framboise ou du coulis de bleuets. Pour ceux dont les papilles recherchent l’aventure gustative, TerroirsQuébec permet de faire des découvertes en essayant des petites douceurs moins connues comme, entre autres, la gelée de têtes de violon ou la gelée de fleur de pissenlit.
Avec les règles restreintes de distribution, le site Internet de TerroirsQuébec offre une belle vitrine aux producteurs québécois. Et cette vitrine en est une des plus intéressantes puisque ce site Internet connaît une percée au plan mondial.

La longue traîne pour l'agroalimentaire
Pour des produits de marché de niche à plus grande valeur ajoutée, le réseau Internet est une porte d'entrée accessible à tous et à l'échelle mondiale. Chris Anderson, rédacteur en chef de Wired, a énoncé, il y a plusieurs années le principe de la longue traîne. Initialement lié au domaine culturel, cette théorie s'applique aussi à la distribution et à la diffusion des produits des terroirs. Je vais donc reprendre une partie de ces dires et les adapter sans problème à l'alimentation.
Un gestionnaire d’un magasin de grande distribution moyen doit vendre plusieurs fois par an le même produit pour justifier sa place dans les rayons. On le sait, les distributeurs ne proposeront que les produits dont la demande justifie le stockage. Le problème est aussi la répartition géographique du public acheteur.
Le siècle dernier a proposé une solution commode à ces contraintes. Les grandes marques avec une publicité à grand frais vendent bien leurs produits, à travers le Québec, le Canada et même le monde, et s'assurent les meilleurs places dans les rayons. Nos goûts s’éloignent à un moment donné du courant général, et on a du mal à croire qu'à un niveau mondial nous avons tous les mêmes goûts... Et plus nous explorons les alternatives, plus celles-ci nous attirent (produits nouveaux, étrangers, alimentation biologique...). Malheureusement, jusqu’à présent, ces alternatives ont été écartées pour laisser la place aux puissantes machines à succès construites sur mesure par des industries qui dépendent d’elles pour leur survie. L’économie basée sur les succès est la création d’une époque qui manque d’espace pour satisfaire tous les goûts.
Bienvenus au siècle de la pénurie. Aujourd’hui grâce à la distribution et à la vente en ligne, nous entrons dans un siècle d’abondance. Et les différences sont profondes. Tout d'abord, certains ont découverts que même les produits inconnus et/ou non publicisés se vendent aussi. Le secteur alimentaire sait aussi assez mal ce que veulent les gens. En fait, nous-mêmes, ne savons pas bien ce que nous voulons, le choix est tellement grand et les nouvelles tendances alimentaires surviennent rapidement.
Nous assimilons marché de masse avec qualité et demande, quand celui-ci n’incarne souvent que le résultat de la familiarité, d’une publicité efficace, et d’une attractivité large mais un peu superficielle (adapté du texte original de Chris Anderson, The Long Tail).
La longue traîne ce sont tous les produits non publicisés mais que des producteurs de taille modeste peuvent vendre, faire connaitre, sans passer par le marché de masse et une distribution en supermarché. Précèdemment, un nombre restreint de distributeurs captait un maximum de clients. Internet permet à tout producteur de faire connaître ses produits à travers le monde. C'est un marché nouveau qui doit être exploité pour faire connaître les produits du Québec à travers le monde. La fédération des producteurs acéricoles ne s'y est pas trompé, sa présence sur le Net est fort remarquée.

Une boutique globale comme TerroirsQuébec (ou d'autres comme Clin d'Oeil Gourmet ou Paniers Godefroy) permet d'illustrer la longue traîne et de proposer une liste pratiquement infinie de produits, puisque non limitée par un rayonnage.


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