L'incroyable histoire du blé

Pendant le temps des fêtes, je suis tombé sur un article de la célèbre revue The Economist, paru en 2005. Cet article raconte une histoire fascinante, celle de l'évolution du blé et de son rôle dans la survie de l'humanité! Je vous en partage ici les grandes lignes. L'histoire débute il y a près de 12 000 ans, pendant une ère glaciale. En Orient, la sécheresse a obligé les habitants à se nourrir principalement de grains d'épeautre et d'amidonnier (l'ancêtre du blé) qu'ils cultivaient. Rapidement, en raison de sa constitution génétique particulière, le blé s'est transformé, devenant plus facile à cultiver. Avec la monté de la sédentarisation, la croissance de la population devenait inévitable. En quelques générations, les familles de fermiers du blé ont prit de l'ampleur et, en se déplaçant sur le continent, ont rapidement imposé leur mode de vie. Il faut dire que la culture du blé apportait un avantage certain sur le mode de vie « chasseur-cueilleur », celui de pouvoir maintenir un certain niveau d'alimentation quand les temps étaient durs. Ainsi, il y 5000 ans, le blé atteignait l'Irlande, l'Espagne, l'Éthiopie et l'Inde. Un millénaire plus tard, il faisait son entrée en Chine. La culture du blé a entraîné la domestication du bétail. Les animaux facilitaient le travail des agriculteurs qui eux se servaient du fumier des animaux pour fertiliser les champs. Puis, les innovations sont apparues lentement, et se sont dispersées tout aussi tranquillement sur la planète. En 1798, un économiste anglais du nom de Thomas Robert Malthus prévoit que l'humanité frappera bientôt un mur. Selon sa théorie, il était impossible d'augmenter la culture du blé aussi rapidement que la population mondiale; les bébés pourront éventuellement se reproduire, mais les espaces cultivables ne sont pas infinis. Dans les faits, un peu partout sur la planète, la croissance rapide de la population entraînait des famines. L'arrivée du tracteur dans le monde agricole a sauvé la mise. Non seulement il a permis d'augmenter la productivité des agriculteurs, mais la partie des champs qui était utilisée strictement pour nourrir le bétail pouvait maintenant servir à nourrir les humains. Mais le désastre prédit par Malthus était toujours inévitable. La solution retenue est surprenante : le guano, c'est-à-dire les excréments de chauve-souris, qui s'est révélé être un engrais de premier choix. Une industrie de collecte de guano s'est créée en Amérique du Sud et sur les côtes d'Afrique du Sud, créant la richesse pour certains, mais causant violence et massacres lorsque les réserves de guano furent épuisées, vers 1880. Diverses sources d'engrais ont ensuite été exploitées, mais la famine finissait toujours par refaire surface, surtout en Inde. C'est en 1952 qu'un chercheur, Norman Borlaug, a eu l'idée de combiner différentes espèces de blé. Les résultats ont été frappants : grâce à la nouvelle espèce de Borlaug (qui lui a valu le Nobel de la Paix en 1970), l'Inde a triplé sa production de blé et n'a plus jamais connu de période de famine depuis. Ces semences sont maintenant utilisées à la grandeur de la planète. Aujourd'hui, les préoccupations avec les OGM et la tendance à éviter le gluten ont fait perdre au blé sa place dans l'alimentation globale de l'humain. Mais je trouvais important, en ce début d'année, de faire réaliser à quel point cet aliment de base a contribué à la fois à la survie de l'humanité, mais également à son dépassement. Alors, quand vous mangerez un aliment à base de blé, vous saurez que vous mangez 12 000 d'histoire!

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