La gestion de l’offre : oui ou non?

Dans mon billet précédent, je vous ai expliqué les fondements de la gestion de l’offre. Aujourd’hui, je me penche sur les bons et les moins bons côtés de cette façon de faire. Mon but n’est pas de prendre un parti, mais de vous aider à vous faire votre propre opinion. Je dois honnêtement dire que j’ai eu de la difficulté à trouver des argumentaires constructifs sur le sujet. Les gens qui sont pour la gestion de l’offre ne vous parlent que des avantages, et ceux qui sont contre ne parlent que des inconvénients. J’ai tout de même trouvé ce document (Vers-une-Gestion-de-l-Offre-2-0-au-Canada) qui, à mon avis, fait la juste part des choses! Je vous en résume donc les grandes lignes. Je vous encourage tout de même à faire vos proches recherches pour enrichir votre réflexion. La gestion de l’offre a de nombreux avantages. Elle offre un revenu décent aux agriculteurs, tout en réduisant leurs pertes. Avec ses quotas, chaque agriculteur sait exactement quelle quantité produire; les pertes sont donc minimisées, les dépenses sont plus facilement prévisibles, et les coûts de la distribution sont partagés. Le marché est également protégé. Les prix sont stabilisés, et l’économie locale est encouragée. Avec le temps, cependant, un gros problème a fait surface. Grossièrement, la seule façon pour un producteur de faire croître son entreprise est d’augmenter ses quotas. Mais le nombre de quotas est fixe. Lorsqu’ils sont en vente, ils le sont alors à un prix d’or. Il est également difficile pour un nouveau producteur d’embarquer dans le marché. Par exemple, pour produire du poulet en Ontario, il faut posséder un quota minimal de 14 000 unités. Le quota se vend 130 $ l’unité. Vous voulez démarrer votre élevage de poulets? Avant même d’avoir acheté une seule bête, ou une seule pièce d’équipement, vous aurez déboursé la modique somme de 1 820 000 $. Et le problème est le même pour les autres productions sous gestion de l’offre. Deux autres inconvénients au système actuel sont la concentration de la production (un nombre restreint de producteurs fournissent la majeure partie du marché) et la difficulté d’anticiper adéquatement la demande du marché. Par exemple, les quotas de production de dindons sont limités, alors que le Canada en importe 5,4 millions de kilogrammes annuellement! J’espère vous avoir aidé à mieux comprendre la gestion de l’offre canadienne ainsi que ses enjeux. Ce système est-il à rejeter du revers de la main? Je ne crois pas. Ses avantages pour les producteurs et les consommateurs sont indéniables. Mais il est évident que certains problèmes doivent être corrigés pour s’assurer qu’il est juste et équitable pour tout le monde. Et vous? Pour ou contre la gestion de l’offre?

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